Le travail le plus dur est de travailler sur soi-même..

Un petit garçon, il a 5 ou 6 ans, arrive chaque jour en retard à l’école. Pourquoi ? Parce que, chaque jour, il s’arrête un long moment devant une vitrine à travers laquelle il voit un monsieur qui « frappe sur un rocher avec un marteau ». Cet homme, un sculpteur, a remarqué l’intérêt que le petit garçon porte à son travail. Ce jour-là, il attend l’enfant sur le seuil de son atelier. Le bambin, nez collé à la vitre et les mains posées sur les tempes afin de réduire les reflets, est surpris par la voix qui lui demande : « Tu aimerais voir de plus près ce que je fais ? – oh oui, monsieur, – Entre ! » L’enfant approche, lentement, de l’œuvre travaillée depuis tant et tant de jours par l’homme de l’art. En arrêt, il reste longtemps silencieux. Puis n’y tenant plus, sans détourner la tête de l’œuvre en cours d’achèvement, il demande : « Dis, m’sieur, comment tu savais qu’il y avait un cheval dans ce rocher ? »
Une histoire rapportée par Jacques Castermane dans « La sagesse exercée »